mardi 1 juillet 2014

Présentation



Etudiante à l'école Média Art Fructidor de Chalon sur Saône depuis octobre 2011, ce blog présente la majorité des projets de cours ou personnels réalisés au cours de ces 3 années à l'école. N'hésitez pas à poster des commentaires pour avoir vos points de vue, remarques, ressentis, etc. Merci !

jeudi 22 mai 2014

Echappée





- «Echappée»

- Vidéo

- 2014





« Echappée » est une tentative de matérialisation de ce qu’il se passe dans ma tête lorsque j’essaie d’atteindre un but sans avoir l’impression que je vais y arriver. Cette passerelle que j’emprunte tous les jours et qui fait le lien entre domicile et lieu d’étude, vie privée et vie professionnelle, et qui devient infinie.



La caméra en vue subjective aide à traduire l’angoisse que m’inspire cette sensation, un peu à la manière du film « Enter the Void » de Gaspar Noé. Il en va de même pour le travelling compensé (effet cinématographique utilisé en premier par Hitchcock en 1958 dans « Sueurs Froides » et consistant à contrarier les effets simultanés d’un zoom arrière et d’un travelling avant, ou l’inverse).


Burn Time

- «Burn Time»
- Objet
- 2014














« Burn Time » est une réflexion sur la matérialisation du temps dans l’espace et sur la perception du temps par les êtres vivants, et plus particulièrement par les êtres humains. Le temps est ici saisi dans deux de ses aspects : la temporalité et la température, qui forment un tout : le tube de Kerdane est remplacé par des allumettes qui se consument. J’ai tenté de saisir et de représenter le temps immatériel car le temps ne se montre pas, sauf à la rigueur dans « la présentification de l’aiguille qui avance » (Heidegger).
On a ici un temps de combustion avec les allumettes, le temps qui se consume plus ou moins rapidement. On peut aisément se laisser aller à imaginer que les degrés et les Fahrenheits se transforment en jours, en années, en siècles, en décennies… .

Ce travail peut évoquer l’oeuvre «Thermomètre» (1986 - 2010) de Nathalie Talec dont les recherches et préoccupations sont centrées autour du froid et du concept de la survie, survie qui dépend bien évidemment de la notion du temps. Esthétiquement, ce thermomètre peut évoquer les 5.5 Designers qui ont développé une sorte d’hôpital pour les objets cassés.

Définition ?






- "Définition ?"
- Textes
- 2014












«Définition ? » est une sorte d’autoportrait sous forme textuelle. Deux textes relatant les titres d’un journal ancien (celui du jour de ma naissance) et d’un journal récent, respectivement précédé par «j’étais» et «je suis». J’obtiens ainsi des phrases incohérentes, hasardeuses ou inexactes. Suis-je un mensonge ? Qu’est ce qui me détermine ? Les autres (représentés par le journal) ou moi-même avec un libre arbitre propre ? Cela pousse la réflexion sur le sollipsisme (Descartes), théorie philosophique selon laquelle l’esprit est la seule chose qui existe réellement et le monde extérieur n’est, selon cette conception, qu’une représentation et que la connaissance de quelque chose extérieur à son esprit est injustifiée.


Cela peut rappeler l’ouvrage de Georges Perec intitulé «Je me souviens», sur le même principe : des fragments de souvenirs rassemblés entre 1973 et 1977 commençant tous par « je me souviens ». Perec s’est lui-même inspiré de « I Remember » de Joe Brainard publié en 1970 où des fragments de souvenirs de l’auteur commencent tous par « I remember ».
On  peut également évoquer les poèmes avant-gardistes,  avec le mouvement dada, le futurisme, ou le surréalisme. Les avant-gardes, loin de n’être que des épiphénomènes dans l’histoire de la poésie, ont traversé le siècle pour aboutir aux expériences littéraires développées par des écrivains comme Christian Prigent ou Jean-Pierre Verheggen, visant une forme de déconstruction poétique de la modernité. Les avant-gardistes ont donné une autre dimension à la poésie, qui n’a alors plus seulement un rapport avec les mots et la linguistique, mais qui élargit son champ aux arts plastiques.

mercredi 2 avril 2014

White Light/White Heat












- White Light/White Heat
- Installation série photocopies
- 2014


27 octobre 2013, mort de Lou Reed, fin. Ça arrive comme un coup de poing et ça fait le même effet. Encore une journée foutue, journée qui m’emmène à commencer un portrait de Lou Reed pour soulager le poids de cette nouvelle. Je fais de ce portrait une photocopie, que je photocopie, que je photocopie, et ainsi de suite jusqu’à effacement total du dessin ; je fais mon deuil, le deuil du souvenir. J’expose et je partage ce deuil avec un public, comme on exposerait une série de portraits d’une idole, une image de la culture populaire. Ca fait évidemment penser aux séries d’Andy Warhol, ses série de Marilyn Monroe et Liz Taylor qui elles aussi ont un grand rapport avec la mort. Lou Reed, Andy Warhol, le Velvet Underground, la Factory, autant de liaisons qui ont fait prendre à ce projet cette forme.
La photocopie tue le livre en même temps qu’elle en conserve le contenu. Même chose ici, la mort de Lou Reed, mais le souvenir est conservé. Et dans le même temps la photocopie efface l’image et la détériore, comme un souvenir que j’essaierais d’exorciser. Cela créé un paradoxe avec l’habituelle consommation de l’icône de la star, les produits dérivés, poster, etc. qui traduisent un désir d’immortalité. White Light/White Heat est le titre d’une chanson (et également d’un album) du Velvet Underground écrite par Lou Reed qui traite de la drogue ; drogue qui est en partie responsable de sa mort. La photocopie est aussi une métaphore de cette drogue qui tue à petit feu, qui « efface » un être de la surface de la planète. « White Light » évoque bien entendu la lumière blanche au bout du tunnel et vient renforcer le côté mortifère de l’œuvre.

Dead(line) Phones




































- Dead(line) Phones
- Installation
- 2014


Depuis que le téléphone portable a commencé à se développer dans les années 1990, il a eu un impact conséquent sur les mœurs humaines. Un certain fétichisme du téléphone s’est développé et depuis les années 2000 l’homme est très attaché à son téléphone parce qu’il lui  ressemble, il contient ses conversations, sa mémoire, ses envies, ses plaisirs, ses loisirs. Le portable est devenu un avatar de l’homme qui le possède, de qui il est ou même de qui il voudrait être. Nous vivons dans une société de personnification de l’objet, on en est dépendant et on n’arrive plus à s’exprimer avec des liens sociaux mais avec des liens virtuels.
Tous les portables possèdent un codage de la date limite de leur agenda interne, et pour chaque objet ce sont des dates différentes. Fait étrange, le codage se projette dans le futur, mais aussi dans le passé, et parfois 100 ans en arrière. On peut noter un anniversaire ou un pense-bête en 1930 par exemple. Pourquoi doter le téléphone d’une mémoire et d’un calendrier avec des dates qui précèdent de plusieurs années sa création ? La date limite du futur varie aussi selon l’objet, certains vont jusqu’en 2100 et plus, alors que d’autres s’arrêtent en 2036. Mais alors que se passe-t-il si le téléphone dépasse la date butoire de son agenda : le calendrier va-t-il se réinitialiser pour redémarrer à la première date de son agenda ? Le téléphone va-t-il bloquer cette date pour tous les jours suivants ? Le fameux bogue de l’an 2000 se produira-t-il à cet instant ? Paradoxalement, L'obsolescence programmée empêche de franchir le seuil de la date limite du téléphone, c’est assez frustrant.

Les portables possèdent donc une date de « naissance » (ne correspondant étrangement pas à sa date de fabrication) et une date de mort, comme tous les êtres vivants. Et ils sont programmés grâce à un codage, souvent arbitraire, du développeur (codage sur 100 ans, etc). En est-il de même avec tous les êtres vivants ? Peut-on s’amuser avec la carte génétique de chaque être pour le « programmer » ? Peut-être puisque certaines morts sont prématurées et déterminées par des évènements extérieurs, ou que certains êtres arrivent mort-nés ou avec une maladie de naissance qui va les handicaper toute leur vie…

lundi 10 mars 2014

Museumatographe




- "Museumatographe"
- Installation vidéo et mapping
- 2014

Le cinéma au musée ou le musée au cinéma ? Peut-être les deux ? Le musée d'art est dans l'imaginaire collectif un endroit où l'on trouve des tableaux de grands peintres anciens. Toutes ces images figées pour toujours qui traversent les époques ont un côté étrange et angoissant. Certains peuvent regarder pendant des heures un même tableau pourtant complètement immobile, comme on peut regarder pendant des heures une image animée. Le musée est un lieu de rencontres, où énormément de personnes se croisent chaque jour. Il est un lieu très singulier, relativement silencieux, plein de respect et propre à créer des histoires. Beaucoup de réalisateurs l’ont compris et ont voulu se servir d’un tel lieu pour leur film, ou au moins une ou plusieurs scènes. Parmi les œuvres cinématographiques qu’a inspirées le musée, on trouve des réalisateurs d’époques différentes, de nationalités différentes, de notoriété plus ou moins affirmée, des genres différents, dans des contextes historiques différents… On englobe donc en grande partie l’histoire du cinéma.
Mon but est de créer une mise en abyme du musée dans le cinéma dans le musée. Je décontextualise pour recontextualiser : le musée qui a été sujet d’inspiration devient lieu d’exposition. Cela permet d’imaginer une sorte de « ciné-musée » ou « museumatographe » afin de renforcer la relation étroite que le cinéma et le musée ont entretenue et développée au fil du temps.

Le projet se présente sous la forme de projections sur des toiles vierges et encadrées (cadres anciens), à la façon des plus prestigieux tableaux de grands maitres peintres, tout en conservant la spécificité du médium cinéma : l'image animée. Ces projections sont de courtes séquences de films dont la scène se déroule dans un musée d'art. Sept projections, sept séquences, sept toiles ; tant de clins d’œil au Septième Art. Le spectateur qui s’approche trop du tableau efface avec son corps l’œuvre, en obstruant la projection. Il est obligé de se déplacer plus loin ou de côté pour discerner la séquence projetée : une œuvre n’est déchiffrable en intégrité seulement par son créateur, et non par une personne tierce représentée par le public  ; plus l’on croit s’approcher de la vérité, et plus elle s’échappe.


Photos prises lors de l'exposition "Imaginarium" du groupe C à l'Espace des Arts de Chalon sur Saône.