jeudi 22 mai 2014

Echappée





- «Echappée»

- Vidéo

- 2014





« Echappée » est une tentative de matérialisation de ce qu’il se passe dans ma tête lorsque j’essaie d’atteindre un but sans avoir l’impression que je vais y arriver. Cette passerelle que j’emprunte tous les jours et qui fait le lien entre domicile et lieu d’étude, vie privée et vie professionnelle, et qui devient infinie.



La caméra en vue subjective aide à traduire l’angoisse que m’inspire cette sensation, un peu à la manière du film « Enter the Void » de Gaspar Noé. Il en va de même pour le travelling compensé (effet cinématographique utilisé en premier par Hitchcock en 1958 dans « Sueurs Froides » et consistant à contrarier les effets simultanés d’un zoom arrière et d’un travelling avant, ou l’inverse).


Burn Time

- «Burn Time»
- Objet
- 2014














« Burn Time » est une réflexion sur la matérialisation du temps dans l’espace et sur la perception du temps par les êtres vivants, et plus particulièrement par les êtres humains. Le temps est ici saisi dans deux de ses aspects : la temporalité et la température, qui forment un tout : le tube de Kerdane est remplacé par des allumettes qui se consument. J’ai tenté de saisir et de représenter le temps immatériel car le temps ne se montre pas, sauf à la rigueur dans « la présentification de l’aiguille qui avance » (Heidegger).
On a ici un temps de combustion avec les allumettes, le temps qui se consume plus ou moins rapidement. On peut aisément se laisser aller à imaginer que les degrés et les Fahrenheits se transforment en jours, en années, en siècles, en décennies… .

Ce travail peut évoquer l’oeuvre «Thermomètre» (1986 - 2010) de Nathalie Talec dont les recherches et préoccupations sont centrées autour du froid et du concept de la survie, survie qui dépend bien évidemment de la notion du temps. Esthétiquement, ce thermomètre peut évoquer les 5.5 Designers qui ont développé une sorte d’hôpital pour les objets cassés.

Définition ?






- "Définition ?"
- Textes
- 2014












«Définition ? » est une sorte d’autoportrait sous forme textuelle. Deux textes relatant les titres d’un journal ancien (celui du jour de ma naissance) et d’un journal récent, respectivement précédé par «j’étais» et «je suis». J’obtiens ainsi des phrases incohérentes, hasardeuses ou inexactes. Suis-je un mensonge ? Qu’est ce qui me détermine ? Les autres (représentés par le journal) ou moi-même avec un libre arbitre propre ? Cela pousse la réflexion sur le sollipsisme (Descartes), théorie philosophique selon laquelle l’esprit est la seule chose qui existe réellement et le monde extérieur n’est, selon cette conception, qu’une représentation et que la connaissance de quelque chose extérieur à son esprit est injustifiée.


Cela peut rappeler l’ouvrage de Georges Perec intitulé «Je me souviens», sur le même principe : des fragments de souvenirs rassemblés entre 1973 et 1977 commençant tous par « je me souviens ». Perec s’est lui-même inspiré de « I Remember » de Joe Brainard publié en 1970 où des fragments de souvenirs de l’auteur commencent tous par « I remember ».
On  peut également évoquer les poèmes avant-gardistes,  avec le mouvement dada, le futurisme, ou le surréalisme. Les avant-gardes, loin de n’être que des épiphénomènes dans l’histoire de la poésie, ont traversé le siècle pour aboutir aux expériences littéraires développées par des écrivains comme Christian Prigent ou Jean-Pierre Verheggen, visant une forme de déconstruction poétique de la modernité. Les avant-gardistes ont donné une autre dimension à la poésie, qui n’a alors plus seulement un rapport avec les mots et la linguistique, mais qui élargit son champ aux arts plastiques.