- Installation vidéo et mapping
- 2014
Le cinéma au musée ou le musée au cinéma ? Peut-être les deux ? Le musée d'art est dans l'imaginaire collectif un endroit où l'on trouve des tableaux de grands peintres anciens. Toutes ces images figées pour toujours qui traversent les époques ont un côté étrange et angoissant. Certains peuvent regarder pendant des heures un même tableau pourtant complètement immobile, comme on peut regarder pendant des heures une image animée. Le musée est un lieu de rencontres, où énormément de personnes se croisent chaque jour. Il est un lieu très singulier, relativement silencieux, plein de respect et propre à créer des histoires. Beaucoup de réalisateurs l’ont compris et ont voulu se servir d’un tel lieu pour leur film, ou au moins une ou plusieurs scènes. Parmi les œuvres cinématographiques qu’a inspirées le musée, on trouve des réalisateurs d’époques différentes, de nationalités différentes, de notoriété plus ou moins affirmée, des genres différents, dans des contextes historiques différents… On englobe donc en grande partie l’histoire du cinéma.
Mon but est de créer une mise en abyme du musée dans le cinéma dans le musée. Je décontextualise pour recontextualiser : le musée qui a été sujet d’inspiration devient lieu d’exposition. Cela permet d’imaginer une sorte de « ciné-musée » ou « museumatographe » afin de renforcer la relation étroite que le cinéma et le musée ont entretenue et développée au fil du temps.
Le projet se présente sous la forme de projections sur des toiles vierges et encadrées (cadres anciens), à la façon des plus prestigieux tableaux de grands maitres peintres, tout en conservant la spécificité du médium cinéma : l'image animée. Ces projections sont de courtes séquences de films dont la scène se déroule dans un musée d'art. Sept projections, sept séquences, sept toiles ; tant de clins d’œil au Septième Art. Le spectateur qui s’approche trop du tableau efface avec son corps l’œuvre, en obstruant la projection. Il est obligé de se déplacer plus loin ou de côté pour discerner la séquence projetée : une œuvre n’est déchiffrable en intégrité seulement par son créateur, et non par une personne tierce représentée par le public ; plus l’on croit s’approcher de la vérité, et plus elle s’échappe.
Photos prises lors de l'exposition "Imaginarium" du groupe C à l'Espace des Arts de Chalon sur Saône.







